Luxsure Magazine
Luxsure2026Édition

Direction artistique et maquette du premier numéro papier de Luxsure, magazine de luxe fondé sur le web : 222 pages, neuf rubriques, un système de mise en page tenu de la couverture à l'ours.
- Client
- Luxsure — pour l'agence Bel-Ami
- Année
- 2026
- Discipline
- Édition
- Livrable
- Direction artistique et maquette — Numéro 1 — Septembre 2026
- Direction artistique et graphisme
- Antoine Leclercq / Bel-Ami
- Directeur de la publication et de la rédaction
- Pascal Iakovou
- Directeur créatif
- Thomas Mondo / Bel-Ami
- Rédacteur at large
- Thomas Mondo / Bel-Ami
- Journalistes
- Pascal Iakovou, Tania Tuka, Virginie Garcia
- Photographes
- Cyril Manzini, Ali Ghorbani, Enrique Urratia, Illya Ovchar
- Directrice du style
- Tania Tuka
- Secrétaire de rédaction
- Virginie Garcia













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Étude de cas
Luxsure existait en ligne. Ce projet est son passage au papier : un premier numéro de 222 pages daté de septembre 2026, au format A4 — la couverture livrée à l'imprimeur est calée sur un dos de 14,2 mm. Le magazine porte sa devise sur sa couverture, In Luxus Veritas, et la justifie dès sa page d'ouverture : le luxe s'observe mal dans le flux qui le produit.
À l'heure où l'information est immédiate, le papier offre une autre promesse : celle de la sélection et de la mise en perspective. Là où le flux accumule, le magazine choisit.
— Luxsure Magazine no 1, « In Luxus Veritas… », p. 3
Cette phrase est le cahier des charges de la maquette autant que celui de la rédaction. Un magazine qui prétend ralentir la lecture ne peut pas être mis en page comme un flux : il lui faut des seuils, des respirations et une hiérarchie qui tienne sur 222 pages sans se répéter.
Neuf rubriques, un seuil identique
Le numéro est organisé en neuf rubriques numérotées de 01 à 09 : Beauté & Parfums, Joaillerie & Horlogerie, Mode & Accessoires, Vins & Spiritueux, Art & Design, Portrait, Gastronomie & Hôtellerie, Voyages, Image. Le sommaire les présente en chiffres de grande taille disposés en escalier, le mot SOMMAIRE tourné à la verticale dans la marge — une page qui se lit d'un coup d'œil plutôt qu'en liste.
Chaque rubrique franchit le même seuil, sur deux pages : à gauche une page de données intitulée DATALUXSE, à droite la page-titre de la rubrique. Les neuf pages DATALUXSE portent chacune un titre — « Le luxe le plus résilient », « Le paradoxe du Swiss made », « La fin de l'hypercroissance », « La gueule de bois », « L'art, le nouveau soft power », « La culture, nouvel enjeu du luxe », « L'hospitalité, le nouveau langage du luxe », « Le voyage comme ultime objet de désir », « L'image fait (presque) le luxe » — et alignent en pied de page quatre chiffres clés, leur variation portée en rouge.
Le dispositif règle un problème concret : donner au lecteur l'état du marché avant de lui donner les récits, et le faire toujours au même endroit. La page-titre qui lui fait face est, à l'inverse, presque vide — un titre en capitales et un chapeau sur deux colonnes dans le tiers supérieur, le reste laissé en blanc.
La grille des articles
À l'intérieur des rubriques, la plupart des articles reposent sur une grille asymétrique : une colonne de texte étroite, et une colonne de marge qui ne reçoit que les intertitres, isolés en capitales. Le titre occupe le haut de page sur deux ou trois lignes, suivi d'un chapeau et, le cas échéant, d'un exergue en italique. Les titres courants rappellent la rubrique et la signature en haut de chaque page.
Les photographies sont traitées en pleine page, sans légende dans le corps de l'article — les crédits des séries mode sont reportés sur une page dédiée, comme « Au matin de la nuit » et « Prélude couture ». Le vis-à-vis texte / image pleine page est le rythme dominant du numéro ; les séries mode et le portfolio final le suspendent en enchaînant les images seules.
Les entretiens conservent la même grille mais changent de régime : le nom de celui qui parle ouvre chaque tour de parole dans le fil du texte, sans filet, sans encadré et sans changer de colonne.
Écrire sur la lettre, dans le magazine qu'on dessine
La dernière rubrique, Image, se referme sur un article consacré à la typographie des maisons de luxe, cosigné par Antoine Leclercq et Thomas Mondo. Il y est question du moment où les maisons ont effacé leurs empattements pour être lisibles sur un écran — un phénomène qui a fini par prendre un nom, le Blanding — et de ce que cette uniformisation coûte à une industrie fondée sur la singularité.
Le problème n'est évidemment pas le serif contre le sans-serif. Il est ailleurs : le propre contre le générique.
— Antoine Leclercq et Thomas Mondo, « La typographie, le secret le mieux gardé du luxe », p. 208
L'article se termine sur l'idée que la lettre est devenue l'armoirie moderne des maisons. Il donne, en creux, la logique de la maquette qui l'accueille : un magazine sur le luxe qui refuse le générique se juge d'abord à la tenue de ses propres pages.
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